Marquises, Tuamotu et Bora Bora

Jour 1: départ Papeete

Je suis dans un bar à Papeete au dessus du port en attendant d’embarquer sur le bateau. Je discute avec ma voisine de comptoir de la pluie et du beau temps. « Ses yeux miroirs renvoient son regard, clac, fait le verre en tombant sur le lino, j’me coupe les doigts en ramassant les morceaux ». Chemin faisant la conversation dérive sur la croisière en bateau et je lui explique le périple en parlant entre autres des Marquises. Elle sirote un café . Elle me demande en souriant avec un regard mutin de petit lutin si j’ai fait attention à prendre le disque de Jacques Brel afin de m’immerger dès l’arrivée dans l’ambiance de ces îles. Tout de go, je lui réponds du tac au tac que j’ai pris avec moi mon Gauguin préféré afin de demander une dédicace à Paul en arrivant… elle rit… elle est jolie quand elle rit, une ride se crée au dessus de sa lèvre supérieure, en même temps son débardeur s’ouvre un peu sur son décolleté, sa peau est lisse, dorée, ses seins pointus repoussent le tissus. Après un autre café et une bière à échanger, oui le café ça finit pas donner soif, il faut pour autant se résoudre à se quitter, elle, elle a à faire sur Papeete et j’ai un bateau qui nous tend les bras alors … « hissez la grand voile, il faut chercher le grand vent de l’oubli… » bon ok, j’aurais pu ajouter de la même chanson: « toi qui n’a rien, embarque toi avec nous » comme disait Hugues.

Joli bateau de ravitaillement, la ligne produits Aranui, au fil des numéros de bateau, s’est taillée une belle réputation pour devenir aujourd’hui un cargo mixte qui a la chance de pouvoir pénétrer les régions les plus reculées de la Polynésie française. Avec lui nous irons en partant de Tahiti aux Marquises puis les Tuamotu pour finir par Bora Bora avec les îles sous le vent, puis à nouveau Tahiti et ceci en 13 jours. L’Aranui 5 a été construit en 2015, nous avons donc un bateau presque neuf. Avec ses seulement 126m il se faufile jusque dans les petits ports. Ses passagers sont chouchoutés… ça tombe bien, se faire chouchouter, c’est mon crédo. Il attend au bord du quai, sagement tout en se dandinant imperceptiblement à la surface de l’eau. Le commandant est en haut de la passerelle et accueille, tout de blanc vêtu, les passagers avec un sourire de bienvenue. L’homme est grand, élégant. Une bonne cinquantaine d’années, ce n’est pas sa première bordée, les tempes poivre et sel, une moustache, très important la moustache, souvenez vous que ça dépend souvent de la moustache du commandant et du vent. Il serre quelques mains aléatoirement, bien sûr il y a les indécrottables, qui en profitent pour faire des selfies avec ce dernier… , lui très pro, sourit, tant pis pour eux, ils ne seront pas invités à sa table à diner pour le bal. En fait c’est un métier commandant, c’est un peu comme les hôtesses de l’air qui sont toujours aimables… mais sans les chaussures à talons ni les jupes droites. D’un côté les passagers embarquent, de l’autre c’est la grue qui qui chargent les marchandises, voyages pour tous sauf que les passagers font le voyage dans sa totalité… enfin… les pro du selfies, peut-être pas, il y a parfois des passagers qui passent par dessus le bord inopinément. Le bruit des roulettes des valises font raisonner le métal du pont, chacun s’installe dans sa cabine, nous sommes un peu plus de 100 passagers. Le bateau est prêt pour une de ses deux tournées mensuelles de ravitaillement. Le soleil brille, les oiseaux chantent, la mer est calme, enfin tout baigne.

Le nom des Marquises a été donné au 16ième par un espagnol qui faisait Pérou – ils Salomon. Il expliqua après que c’était en l’honneur de la femme de son protecteur le vice roi du Pérou… poh poh poh, moi on va pas me la faire… en l’honneur de la femme du vice roi… ouaip, moi je pense que le Alvaro de Menada, tel était son nom, il devait sans doute lui conter fleurette à la femme du vice roi! Il se passe 2 siècles avant qu’un autre européen, encore le marchand de thon en boite, vous le connaissez, James Cook, qui fait un feed back de l’Antarctique où il était parti passé quelques vacances entre potes, fasse une pause aux Marquises. A peine débarqué, il rencontre une de ces jolies vahinés et lui déclame le fameux: « Marquise, vos beaux yeux, d’amour, me font mourir… ou était-ce… vos beaux yeux, d’amour Marquise, me font mourir » et vous connaissez la pièce du bourgeois qui se prend pour un jeune homme, et la formule honteusement pompée par Molière sur Cook, dans son billet à la dame.

C’est au 17ième que l’on devient sérieux quand un français répondant au nom de Marchand, prend possession des îles au nom de la France… yep! Il donne des noms aux iles, le sien pour commencer, charité bien ordonnée… Marchand (ua Pou). Au 19ième la France y déporte quelques opposants politiques, certes c‘est loin de chez eux, mais il y a pire comme endroit, même s’ils ne sont pas envoyés sur les bungalow sur l’eau du Hilton ou de l’Intercontinental de Moorea, je vous rappelle que, au Hilton de Moorea, de toute façon il n’y a que deux catégories de clients (cf tahiti), et ceux là n’en font pas partie.

L’archipel des Marquises est sur un périmètre de près de 1000km2, ce qui en fait le périmètre le plus étendu de la Polynésie. Elles sont à environ 1000 bornes des Tuamotu, au sud de l’équateur et à près de 1500 km de Tahiti. Les sommets culminent à près de 1100m. Un peu moins de 10000 habitants. Si les filles veulent se faire tatouer, l’endroit est bien choisi pour se faire faire une étoile derrière la nuque, un dauphin sur le mollet ou une rose des vents dans le creux des reins, les garçons choisiront à coups sûrs des tatoos plus « local » avec les fameuses formes que tous connaissent, il reste les bikers qui peuvent toujours se faire tatouer « hate et love » comme Mitchum dans la « nuit du chasseur ». Vous pouvez aussi vous faire tatouer votre cv comme Viggo  Mortensen dans « la promesse de l’ombre » , excellent film de Cronenberg, même si c’est un peu plus violent et moins sexy. Quoi qu’il en soit, il suffit d’avoir de l’imagination pour les tatoos, ah, évitez de vous faire tatouer un soir de beuverie, quand vous faites des paris avec les copains, c’est un peu comme à Las Vegas quand… par erreur vous vous retrouvez mariés par hasard le lendemain matin et avec un tigre dans la suite. Quoi qu’il en soit, ici, si vous voulez concrétiser, ils ont le tour de main.

La faune et la flore sont variées, l’homme a amené des chiens des vaches et autres chèvres mais aussi les scorpions et araignées, rats et moustiques, là ça fait moins rire les filles. Oui, il faut bien une nouvelle fois qu’on mette un peu le bazar et encore heureusement qu’il n’y a pas d’or comme à la Guyane, on aurait rajouté des acides… pas ceux que l’on se met dans le nez, mais tout aussi dévastateurs. 

Bien, nous sommes maintenant on the boat. Accueil  et colliers de fleurs de Tiare, ça sent bon. 

Formalités administratives de bord. Pot d’accueil et danses polynésiennes sur le deck 6. Les garçons pleins de muscles et aux grosses voix, nous gratifient de danses. Tout tatoués de partout, habillés avec des strings, des fanfreluches et des coiffes pleines de longs poils, des os de gorets en décoration sur leur pagne et sur leur coiffure, les os de leur ennemis… moi j’ai tout de suite été les voir pour faire copains copains. Ils poussent des cris de guerre tout en répétant des mouvements tribaux. Des femmes en tenues locales aussi, s’y mettent mais avec plus de grâce et de charme. La clientèle est dans l’ensemble… d’un certain âge, rares sont les moins de 50. Je vous laisse imaginer l’émoi dans lequel se trouvent les fifilles en regardant, pardon, n’y allons pas par quatre chemins, en matant façon le loup de tex Avery,  les garçons tatoués crier et danser… whaou le spectacle est presque plus à les regarder qu’à regarder ces messieurs danser, et pourtant ils font ça bien. A se demander si ce ne sont pas les fifillles qui sont en état de transe à regarder les guerriers, à la place des guerriers. Attention, ce n’est tout… à la suite du spectacle, c’est comme pour les dieux du stade sauf qu’il n’y a pas de séance d’autographes, elles se précipitent autour des guerriers pour la séance photo chacune à son tour, elles bichent et font des yeux doux aux guerriers qui doivent sentir le musc et qui font ça pro, habitués à déclencher des passions chez la population de la carte vermeil, et vas y que j’te fasse les yeux méchants à côté de la fifille en folie qui en profite pour leur mettre une main sur l’épaule… pour commencer… et le guerrier ronronne pour lui faire plaisir, vraiment pro les boys.

Le bateau est sorti du port. Dans un avion, vous avez tous regardé et écouté religieusement les procédures de sécurité. Vous savez quand les hôtesses vous expliquent qu’il y a des portes situées en tête et milieu d’avion, qu’il faut suivre en cas de nécessité les signaux lumineux au sol etc etc. Ici c’est beaucoup plus long et en plus ils vous obligent à aller chercher votre gilet de sauvetage et à sortir jusqu’à l’endroit de regroupement auquel vous appartenez, puis écouter les sirènes… moi j’avais compris qu’on allait les voir, encore une déception. Enfin ça prend une plombe. Ca fait parti des jeux que l’équipage vous fait, c’est une façon de lier amitié avec vos voisins et à faire connaissance. Moi, candide, je m’attendais à un jeu type club med au café avec des questions, suis interloqué. Je vous passe les réunions afin de comprendre le fonctionnement du bateau et des dej diners, de la distribution des masques et tuba, de la réunion « danse tahitienne ». 

Dejeuner, plutôt pas mal, diner aussi. Le pifou, est du pifou, on va pas s’énerver, les cocktails bien fichus. La Cabine a une grande fenêtre. Le bateau ondule à la surface de l‘eau sur la houle plus que les hanches de la Tahitienne du groupe de musique à l’apéro. Aujourd’hui, c’est navigation cette aprèm et cette nuit. Demain matin réveil matinal, sortie en hors bord pour aller dire bonjour aux poissons et aux raies. On nous annonce une eau bleue comme dans le grand bleu. J’espère que les moustiques ne nous attendent pas pour nous souhaiter la bienvenue. 

Jour 2 Tuamutu – Fakarava et mer

Ah, Vous devriez me dire… mais maintenant sans le coq, le coq de Tahiti, souvenez vous, oui plus de poules ni de coq, Raquam, plus là, donc les nuits plus faciles? eh bien non non. Un autre mal, tout aussi sournois, est présent à n’importe quelle heure de la nuit lui. Le coq au moins, et encore était t-il déréglé, ne vous embête que à partir de 4 heures du mat, ici le mal qui vous ronge au hasard de la nuit, caché derrière un rêve ou simplement un paisible sommeil réparateur, c’est le RONFLEUR. Le ronfleur, ce sournois voisin, affalé sur sa couche, vous tire de n’importe quel sommeil. Pire qu’un 747 à l’atterrissage, il vous décolle de votre nuit d’un coup d’un seul tel le fiel d’un esprit malin. Et c’est à coup de « porrrrr porrrr » plus fort que le mûr du son, de « rweuuue rweuuue » que vous êtes extirpé de votre lit, rien n’y échappe, c’est mon chemin de croix. Une locomotive à vapeur lancée à toute allure traverse mon esprit et m’arrache à la nuit. La salle des machine d’un super tanker comme voisin. Le matin, c’est avec des cernes qui descendent plus bas que les pommettes  que je me réveille. Le serveur, au petit déjeuner a pris peur en me voyant et à voulu appeler un médecin…tout le monde s’inquiète pour ma santé, j’ai pris plus de 10 ans… cauchemar… on va me proposer la carte vermeil, noooonnnnn !!!!! je veux descendre !! tant pis pour les Marquises ou autres comtesses ou duchesses… le réveil sonne, tout ça n’est qu’un cauchemar, ouf…

Fakarava, c’est le nom de l’ile sur les Tuamutu où le bateau fait halte, c’est une grand lagon, avec un langue de terre qui fait peut-être 4 à 5 kilomètres sur une ile principale et des chapelets d ‘iles. L’ile principale fait seulement quelques 300 mètres de large, c’est la seule habitée. La chaleur est … chaude pas comme à Paris cinq heures du mat dans la chanson de Dutronc. Alors, les gars les filles, tenez vous bien… imaginez les photos des différents paradis que vous vus, les iles machin chose avec l’eau transparente et les fonds en dégradés de bleus, les arbres qui lèchent la surface de l’eau comme s’ils caressaient le creux des reins des vahinés… et bien… je dois vous dire qu’ici c’est MIEUX et je ne parle pas des vahinés, je parle de la douceur, la quiétude, du calme. Ici le temps n’a pas prise, la mer vous accueille et vous invite à make love with her, avec elle vous ne faites qu’un, c’est l’union sans illusion, l’osmose. Bien sûr les couleurs sont de toutes beautés. Promenade le long de la mer, en cherchant plutôt les ombres, car le soleil tape dur comme la mère, et en plus, pas un moustique au rendez vous, la beauté des lieux leur a fait se résoudre à reconnaître leur laideur. Bain, puis encore bain, on sort les masques et les tubas et pendant que certains prennent le métro, nous slalomons entre les coraux et nous émerveillons devant ces poissons multicolores. Bon, pour être honnête, je m’étais un peu avancé dans l’eau à un moment, assez loin, et au détour d’un bloc rocheux, je me suis trouvé presque nez à nez avec un requin… bon courageux mais pas téméraire, le garçon à fait vite fait demi tour sans regarder s’il avait l’étiquette code bar « je suis gentil », les tahitiens disent que les requins sont des amis… moi… un requin c’est un requin. Il faisait environ un petit mètre cinquante, oui, je ne me suis pas attardé pour le mesurer. Vu qu’il ne m’avait pas inviter à danser, j’ai rebroussé chemin… et suis rentré un peu plus vite qu’à l’aller il faut le reconnaître, des fois qu’ils se soit dit après coup que je puisse être un jouet et qu’il vienne me mordiller la cheville comme fait mon chat, coquin de chat oui, lui je ne sais pas… Bronzage sur la plage au sable blanc immaculé en jouant avec les ombres des branches basses. Le temps glisse. Un nouveau bain, pas de nouveau requin. 

Retour sur le bateau, déjeuner avec les filles, oui nous les avons rencontrées à Tahiti dans notre hôtel avant de partir, une mère et sa fille, très sympa, la plage ce matin, c’était avec elles aussi, vous ne me croirez pas, elles voulaient voir le petit requin dont j’avais parlé. Après renseignements pris auprès du G.O, le requin ne faisait pas parti de l’organisation, et il s’était fait la malle, déception pour elles, pas pour moi, moi une fois ça suffisait!  Déjeuner très bon, tartare de thon rouge, carré d’agneau très bien cuit, un Pavlova en dessert, le pifou c’est toujours le même, on ne s’énerve pas sur ce dernier, mais bon comme disait ma grand mère, à défaut de grive, on mange du merle. Il y a 7 cuisiniers et 5 pâtissiers à fond de cale qui travaillent pour faire en sorte que nous nous régalions, et c’est réussi! Je fait un peu de pub pour la compagnie mine de rien… ils ont proposé de me racheter mon carnet de voyage pour présenter ça comme une expérience client, en me donnant 2 billets pour une autre croisière, je ne sais pas à qui je vais les offrir…

Allez il faut que je prenne ma douche et que je me rase, dans une heure, c’est présentation de l’équipage… et apéro, j’imagine le commandant certainement très sympa, mais c’est surtout l’apéro qui me motive. Nous avons repris la mer depuis le milieu de l’après midi, ce soir c’est navigation full night et demain aussi, nous toucherons demain les Marquises pour quelques jours.

Quelques info sur Fakarava: Vous avez compris que cet atoll est plein de charme, 60 km sur 25. il se décline sur un chapelet d’iles.  Son concurrent est Rangiroa que nous visiterons au retour des Marquises. Ici pas d’agitation, tout est naturel, il y a quand même quelques auto, en tout ça cas ce qu’il en reste, le tourisme est une économie locale importante. L’ile est aussi dotée d’une aéroport depuis 20 ans. L’endroit, c’est une succession d’iles comme vous avez compris, a su rester presque naturel, ses fonds sont vantés pour être extraordinaires, la lumière transperce l’eau pour donner à cette dernière selon la profondeur, toutes ces magnifiques couleurs. Sous l’eau c’est un festival de poissons, de raies, de requins marteaux et autres marques de requin, Faravaka était l’ancienne capitale des Tuamutu. C’est le 2nd plus grand atoll en Polynésie après Rangiroa. La perliculture est aussi une économie locale qui fait vivre aussi une partie des habitants, encore quelques récoltes de coprah. La plongée est un spot pour lequel beaucoup de touristes viennent ici, c’est vrai que, que ce soit sous l’eau ou sur les langues de terre, il n’y a pas grand chose à jeter. Certaines passes notamment, sont fantastiques en plongée dérivante.

Jour 3 : mer, direction les Marquises

Cette journée est propice à la lecture, au sport, footing ce matin, aux joies de la piscine ou au farniente sur le deck piscine, sieste au soleil par exemple. J’en profite pour faire un point sur le courrier des lecteurs qui s’accumule. 

Courrier des lecteurs:

Je reçois de plus en plus de questions, je vous remercie de vos passages sur notre site. Alors j’ai pris quelques questions au hasard. Josie de Cassis 15 ans, vous faites un courrier du lecteur, pouvez vous faire aussi un courrier du coeur? Alors non Josie, ce n’est pas prévu au programme, ici c’est un site très orienté « géographie et découverte des civilisations », disons que je vous inviterais à vous rapprocher de la presse spécialisée type Nous Deux. Une question de Pierrette de Fondettes, 51 ans: comment reconnait-on le roi du selfie? facile, il tient son smartphone au bout d’une perche et arbore un sourire Toniglandyl (cf les nuls) en regardant ce dernier in love with him. Josée, 29 ans de Cannes, une ficèle lectrice, elle me demande si sur le bateau, elle peut faire du top less, alors Josée, rien n’est interdit bien sûr sur le bateau, mais afin d’éviter une émeute, je vous rappelle que la clientèle est plutôt au dessus des 50 ans, je ne saurais que vous conseiller d’être assez discrète. Ah Josée, avant que vous ne me posiez la question, pour les excursions, préférez des méduses, les chaussures pas les bestioles, c’est moins seyant mais plus secure. Pierre edouard de Rochechouart 8 ans, « dis monsieur, comment le bateau fait pour ne pas couler avec tous les passagers à bord » Alors Pierre Edouard, d’abord je ne te remercie pas de tes questions qui portent la poisse et ensuite demande à ton père qu’il t’explique le principe d’Archimède. Entre nous soit dit, tu ferais mieux de chercher à savoir pourquoi les filles sont de filles, profites en pour demander à ton père ce qu’en pense Archimède et de son principe quand tu mets ta main dans le creux des reins d’une jolie brune. Kevin de Sartrouville 17 ans, non Kévin, le soleil de Tahiti ne change rien à l’acné, tu devras attendre quelques mois et consommer quelques tubes de Biactol encore. Irène de Rennes 31 ans mannequin, elle m’a envoyé une photo d’elle, sa plastique est fantastique, j’aimerai passer au cinéma, dit-elle, connaissez vous un imprésario?  Alors non Irène, je n’en connais pas mais je garde vos coordonnées et vous promets de prendre rdv avec vous dès mon retour pour en parler sérieusement avec vous.

Ce soir, soirée années 80 après le diner, j’ai sorti les plateformes boots, le jean pattes def,  la chemise à col porte avion, Travolta n’a qu’à bien se tenir, j’espère que Olivia sera là.

Jour 4 : les Marquises : Nuku Hiva :

La population a eu l’occasion  de voir débarquer durant nombre d’années tout un tas de nationalités, des Espagnols, des Péruviens, des Anglais, des Américains mais aussi des Français. Les Marquisiens sont dotés d’une forte culture, qui a réussi à traverser les années malgré les difficultés rencontrées. Au départ, ils étaient 50000, fin 17ième 25000, puis en l’espace de quelques centaines d’années, le nombre de personnes marquisiennes passe à 2000, ceci en conséquence des maladies amenées par ces nombreux colons étrangers. Les colons de toutes nationalités ont décimé la population et le paradoxe c’est que ce sont les enfants qu’ils ont donné aux marquisiennes qui ont résisté aux maladies. Ces enfants, plus aptes à supporter les maladies ont résisté. Ce sont eux qui, après moultes efforts, en s’organisant, ont repeuplé doucement les îles. La culture avait disparu, en même temps que les habitants, mais aussi par interdits. Il était devenu interdit de tatouer, de danser, de chanter, et c’est peu après les années 70, sous la houlette d’un évêque canadien, que les Marquisiens reprennent la main sur leur culture, leur langue, leurs droits dans le triangle polynésien mais aussi et surtout par rapport à Tahiti. La langue marquisienne est officiellement enseignée à l‘école, les préceptes des danses de combat, le Haka, sont remises au goût du jour, la peinture, la sculpture reprennent du sens dans les gènes et au quotidien des habitants des Marquises. Les costumes, jusqu’alors assez « mode missionnaire » reprennent leur aspect d’origine, on reparle de vêtement végétaux, à mon sens plus seyant et plus « légers » que la robe noire missionnaire qui descend aux chevilles. Aujourd’hui, la civilisation du « tiki » tient à nouveau une place prépondérante, c’est la culture gravée dans la pierre, le bois, ciselée dans l’os ou tatouée sur la peau. Les Marquises ont tiré parti de leur différence, leur culture revenue en force, cette même force qui est criée dans les chants guerriers, force qui fait mettre à genoux un boeuf en rut. La danse c’est l’union de la force et de l’humilité. En 2000, le drapeau marquisien flotte avec fierté. Identité, joie de vivre, d’exister. Le réveil culturel est bien réveillé, les danses des ancêtres sont un fer de lance qui s’exporte en tant qu’image aussi bien que les chansons de Gauguin et les peintures de Brel.

Les îles sont hautes, pentues, escarpées. Le cadre est somptueux, l’artisanat florissant, l’authenticité, authentique. 

Ce matin c’est accostage, c’est sortie en véhicules tout terrain, des 4×4 pour visiter l’île. Midi resto traditionnel pour s’adonner aux plaisirs culinaires. Moi je dis, l’organisation, c’est pas du bidon. Le bateau est arrivé dans une très belle baie entourée de montagnes, un presque fjord. 

Alors autant les Tuamutu c’est plat, très plat même, souvenez vous, autant les Marquises c’est montagneux. Sur Nuku Hiva, point altitude max près de 1100m. La végétation est là aussi en complète contradiction avec les iles des Tuamotu, c’est très très végétal et donc très vert. On continue dans les différences, ici pas de lagon et du sable noir, alors pour les fameuses couleurs dans les dégradés de bleu jusqu’au blanc des Tuamutu, ici vous oubliez, même si l’eau est très belle. Sauvage la Marquise!

Alors débarquement ce matin tôt, 4×4 on l’a dit et départ pou la montagne, quelques photos, whaoou çà monte vraiment et c’est vraiment vraiment très végétal. Route en béton comme disait Renaud, pas très lisse comme dit Alice. Arrêt sur un site archéologique Tohua Kamuihei, je vous ai fait grâce de la visite de la cathédrale de Taiohae, fait grâce comme disait Marie! Commentaires du guide bien sur le site, il nous raconte la façon dont les clans étaient organisés et comment ils vivaient. Bon on va pas se mentir, les voyages organisés avec sorties de groupe, c’est pas tout à fait ma tasse de thé d’autant que, souvenez vous, la clientèle est pas franchement jeune. Ça fait un peu sortie de classe, ou de maison de retraite, enfin j’imagine. Ça manque d’autonomie, de liberté d’action, de choix perso sur les choses à voir.  Alors il faut aider les vieilles à monter, à crapahuter et pousser les autres pour que ça avance un peu… ça manque de dynamique et on avance à la vitesse de l’escargot sur les sites archéologiques. En fait, le bateau, c’est comme un gros bus quand il descend tout le monde à terre, ça fait vraiment voyages organisés. Bon c’est pas très gênant, mais en déjeunant le midi, mes voisins, plus directs eux, se sont un peu moqués… Avant de déjeuner, nous avons le droit à une série de danses locales, super bien! un spectacle de près de une demie heure au bord de la plage, les gars assurent vraiment, ils font les méchants avec leur Haka et pourraient très bien foutre la mine à l’équipe de rugby de NZ. Déjeuner marquisien chez Simon, dans une hutte typique, avec sept plats différents, bien aussi. Tablée sympa. Après midi libre, promenade en auto plus quelques courses cadeaux, j’ai acheté un paréo hand-made, et aussi un joli collier artisanal. Retour bateau, douche. Durant la journée, l’Aranui à débarqué des containers et en échange à récupéré quelques marchandises locales. Ce soir c’est soirée polynésienne, couronnes  de fleurs et chemises idem. J’ai bien sûr acheté une chemise tahitienne qui ressemble comme deux gouttes d’eau aux chemises hawaïenne, Higgins va se moquer de moi une nouvelle fois, Zeus et Apollon aux pieds! Le bateau fait demi tour dans la baie. Il fait déjà nuit. Ah… pour les curieux, hier soir John n’était pas là aussi pour enflammer le dance-floor, Olivia n’a pas voulu venir.

Jour 5: les Marquises : Ua Pou

Toujours aux Marquises, cette nuit à l’ancre dans la baie de Nuku Hiva. Durant la nuit, on passe sur l’ile d’Ua Pou, après quelques courtes heures de nav, 30 km de Nuku Hiva. Ici idem à l’ile d’hier, nous sommes bien sur des iles hautes… ce qui veut dire montagnes avec des concrétions aiguës. C’est d’ailleurs assez impressionnant que de voir ces pics qui envoient vers le ciel leur nez, que dis-je leur cap, leur péninsule, ce promontoire qui fend les nuages comme si c’était une provocation au ciel et aux dieux, comme si de leur appendice aigu, ils voulaient crever les nuages qui s’attardent, attirés par leur profil, un peu comme les touristes par ces îles. J’aurais pu dire aussi, attiré comme une entraineuse par mon portefeuille, ou une abeille par le miel et pourquoi pas, un perceur de coffre-fort par l’appât du gain. Quoiqu’il en soit, vous avez compris que le relief est accidenté, les pics basaltiques ont un sommet à un peu plus de 1200m, les falaises plongent dans la mer de façon abrupte. C’est une des plus grandes iles de l’archipel, cultures d’agrumes et de Noni, la pêche est un secteur important, d’aucuns diraient que c’est leur frigidaire. Les Noni sont des fruits jaunes, ils ont des vertus prêtées de trucs qui vous font du bien que ce soit en tisane pour tout votre moi intérieur, ou en lit de feuilles pour votre moi extérieur, ou encore en décoction pour votre moi côté foie cette fois… bon il parait que ça chmèque grave sa mère, si vous pointez votre nez pendant que ça fermente.

Belle plage de sable noir dans la capitale de l’ile. Ici je ne suis pas sûr que, à part, se promener dans la montagne et ce en plein cagnard ou aller se baquer dans la crique de l’autre côté de la montagne, l’activité soit grande ici. J’ai pas vu de bar mais bon je n’ai pas fait le tour de l’ile non plus, moi je dis que les locaux doivent avoir le gosier sec. Je n’ai pas vu de théâtre, ni de musée d’art moderne, pas plus que de cinéma, … j’espère quand même qu’ils ont le satellite pour suivre Netflix et les aventures du Professeur ou celles de Harvey avec son assistante rousse… il y a une bibliothèque et une école, et comme c’est montagneux, il y a une jolie vallée à faire, la vallée de Hohoi. Les différents pitons rocheux que l’on a évoqués, sont le fruit des éruptions,  ils font appeler aussi l’île « l’île cathédrale ». Il y a même une liaison avec Tahiti en avion, attention la piste est un peu sauvage, elle ressemble plus à une piste de commerçants de cocaïne en pleine brousse Colombienne. Il y a une banque, une poste, je poste ma carte postale.

Ce matin nous avons quartier libre, enfin pour ceux qui n’ont pas fait la balade à pied où il s’agissait de monter en haut d’une montagne, il fallait se lever tôt et la pente était raide autant vous dire qu’après la prez du guide hier, le carnet de bal n’était pas rempli ce matin pour la balade.  Bon, je ne fais pas le malin, je ne l’ai pas faite… la balade, aux vues de la vitesse de déplacement du groupe hier sur les sites archéologiques, je me suis fait peur ce matin avec la clientèle du bateau, j’ai pensé que l’on mettrait 2 heures… aussi ai-je passé mon tour. Midi déjeuner dehors mais avant c’est encore les danses locales, différentes malgré tout, souvenez vous que les danses sont différentes dans les îles. Bon, je ne vais pas en remettre une couche, mais cette fois, c’était encore drôle de voir les spectatrices regarder ces barbares qui crient et qui font leur haka. Je dois, cependant, reconnaître que… plus ça va, au fil des présentations de Haka, moins les spectatrices sont en émois. Attention je n’ai pas dit blasées, loin s’en faut. Quelques cadeaux au marché artisanal.

Après-midi, bouquin et baignades. C’est tout simplement parfait, la vue est magique sur la montagne avec la mer devant. Le soleil chauffe bien, le sable est brulant, je crois que les deux anglaises à côté sur la plage vont virer écarlates ce soir. Retour bateau en milieu d’aprèm, l’Aranui est encore en train de décharger, un vrai business, le ravitaillement des îles…

Jour 6 : les Marquises : Ua Huka

Un saut de puce dans la nuit entre les deux îles, nous atterrissons à Ua Huka. Ce matin réveil tôt. Nous sommes en excursion dans cette nouvelle île, sortie en barge du bateau. Ce dernier s’est faufilé dans une passe en faisant une sorte de créneau en plein milieu de cette dernière, le gars à la manoeuvre assure. Autour de nous, des montagnes couleur rouille et toutes pelées, un peu comme à Mesa verde. Blueberry est en train d’imaginer une solution pour se jouer des Apaches qui attendent quelque part derrière les montagnes pour empêcher les deux allemands de sortir l’or. Le spectre aux balles d’or rôde, son ombre s’allonge sur le sol, dans sa main noueuse, la carabine des confédérés chargée à l’or, prête à faire feu. De son seul oeil restant, il surveille les allers et venues de ces importuns venus pour son trésor. 

Un peu de houle pour sortir, la barge fait des hauts et des bas, c’est presque sportif, débarquement! A terre des 4×4 nous attendent pour nous faire visiter l’ile, son contour, nous allons avoir une belle vue d’ensemble. Au programme, le tour de l’île ou presque, cette ile réputée pour jouir d’un climat très sec, fait varier ses couleurs entre des bruns roux et des verts verts. Belles couleurs de l’eau, rochers aigus, les vagues se fracassent sur les rochers avec de jolis bouquets d’écumes blanches quand ce ne sont pas de grandes éclaboussures comme au César Palace. Rando à pied dans la montagne jusqu’à un beau brin de vue à partir d’un site archéologique. Quelques explications de notre guide sur le site et les coutumes de vie. De rapides achats dans un truc d’artisanat, ici il faut faire fissa. On repart pour quelques point de vue pour des photos, j’en tiens une ou deux. Déjeuner dans une resto local, super bon, je m’enfile quelques morceaux de poulet caramélisé et de porc au four marquisien. Four: vous faites un trou dans le sol, vous y mettez des braises et des rochers bien brulants, de grandes feuilles dessus puis la viande et d’autres feuilles, il faut que ce soit presque hermétique, et vous laisser cuire à l’étouffée trois heures, en faisant attention à ce qu’il n’y ait pas de fumée à sortir.  Chez vous vous en avez un sans le savoir, cà s’appelle une cocotte minute et en plus vous n’avez pas besoin d’aller chercher des feuilles dans la forêt ni de faire de trou dans le plancher. Ce style de four qui existe différemment dans le monde, aux Samoa  et Fidji notamment. visite du musée pour la digestion avec de nombreuses explications sur le marquisien way of life il y a 500 ans, ce n’est pas si vieux.  De magnifiques armes, une hutte, des sculptures, des Tiki, tout ça superbement gravé, parfois de la dentelle, c’est impressionnant, et les habitudes des Tribus  divisées en clans, de la hiérarchie des clans et de l’organisation des familles, les lois et les interdits dans la société, les guerriers et les artisans, et bien sûr des guerres ou des sacrifices de bestioles ou … humains…

Ici aussi, les marquisiens ont compris depuis longtemps que leur histoire étaient leur richesse, ils font des efforts pour nous les touristes et ils le font bien et surtout avec beaucoup de gentillesse et de sourires. Les sentiers sont rénovés, l’artisanat local leur permet de faire un peu d’argent, ils organisent des journées de découvertes à pied, à cheval ou en auto quand ce ne sont pas des sorties en bateau. Vous l’avez compris, l’économie touristique est importante pour tous, le gouvernement essaie également de repeupler les îles, en proposant des plans avantageux aux jeunes pour qu’ils viennent s’installer dans des îles comme celle-ci, île qui compte 950 habitants. L’île est un peu pommée quand même il fait le reconnaitre, aussi si vous voulez venir habiter ici, emmenez votre bibliothèque et votre jolie, jeune et gentille épouse plus quelques poules, une biquette et un cochon. Pour ce qui est de l’électricité, réfléchissez à être autonome c’est mieux, sur l’île, le courant vient d’un groupe électrogène, c’est pas très écolo. Maintenant, comme vous serez isolé, en plus les annonces pour trouver un job sont rares, vous pourrez toujours vous adonnez à la chanson ou à le peinture, d’aucuns ont réussi.

Jour 7: les marquises: Hiva Oa et Tahuata

Bon là… on va pas se mentir, vous ne connaissez peut être pas le nom de l’île mais vous en avez tous entendu parler… oui oui… ça y est vous y êtes… et Julien propose la main pour une question culture générale: c’est parti, c’est une île dans le pacifique perdue au milieu de nulle part … miiiil … non Josie, ce n’est pas l’île de Pâques, je continue… une île dans le Pacifique, qui fait partie de la Polynésie française… miiil… non Josie ce n’est pas Bora Bora, je continue, une île au nord-est de Tahiti qui fait partie des Marquises et qui a eu l’occasion d’accueillir deux potes qui prenaient des gorgeons ensemble, je veux parler de Paul … non Josie, pas Paul Emile Victor, ni Mc Cartney même si il y avait un chanteur dans les deux personnages illustres, je continue: Paul Brel et Jacques Gauguin… Josie ? avez vous une idée du nom de l’île… biiiiiip, c’était Hiva Oa. Une petite île parmi les différentes îles des Marquises Josie, l’île sans doute la plus visitée. Le passage de ces deux personnages crée un presque mythe. Nous sommes à un peu plus de 1000 bornes de Tahiti. L’île a été un chef lieu des Marquises avant de céder la place à Nuku Hiva. 2250 personnes y résident. Ici aussi c’est montagnes, c’est verdure, c’est un paysage un peu hostile, carrément sauvage dès que nous sortons des sentiers battus, et les sentiers ne sont pas nombreux. D’un autre côté, si vous êtes un aventurier, vous pouvez toujours aller faire un tour en montagne, ici pas de lion mais pas de licorne non plus sauf les soirs où vous avez dangereusement éclusé et auquel cas, je ne saurais que vous conseiller de rester chez vous sagement en attendant que le mal de crâne qui ne saurait tarder, disparaisse. 

Le littoral est entaillé d’anfractuosités, un peu comme si on l’avait coupé à la serpe. Ici, la mer est votre amie car c’est votre réfrigérateur mais il faut l’apprivoiser, y aller doucement un peu comme la voisine du deck 4. La montagne quant à elle, saura vous fournir les cochons et les chèvres en faisant une partie de chasse avec vos voisins. Ce sera l’occasion de partager un déjeuner dominical après être allé à la messe et avoir fait votre tiercé entre potes au bar du coin. Un peu comme sur les autres îles, les falaises tombent dans l’eau, les baies profondes et luxuriantes entaillent la montagne comme une saignée faite par un dieu d’un coup de hache. L’agriculture est ici aussi développée, elle assure un complément de nourriture fort appréciable qui sera complété par les livraisons bi-mensuelles de l’Aranui et de son concurrent. Il sera livré tout à la fois, du riz, de la farine, du gaz et du combustible pour les autos, mais aussi quelques sacs de ciment, des matériaux de construction, et tous les autres éléments nécessaires au bon fonctionnement de l’île. Nous sommes loin du temps de Brel quand celui-ci faisait un peu transport de médoc ou aéropostal, ou quelques transports de personnes avec son zing. A l’époque, pas de médecin, une école de jeunes filles de près de 300 fifilles, deux épiceries et une boulangerie tenue par des Chinois. C’était un peu plus trash, mais à cette époque là, personne ne mourrait de faim grâce aux ressources naturelles de l’île. L’agriculture représente un quart des revenus avec le coprah, les noni, ou encore avec les fruits, les touristes participent pour une moitié grâce à Paul et Jacques mais aussi par les nombreuses vieilles pierres disséminées un peu partout sur l’île, comme un jeu de piste. Cela ravit les chasseurs de vieux cailloux que l’on reconnait à leur accoutrement, pantalon de toile beige et chemise ad-hoc, des chaussures en cuir montante, un chapeau aux bords larges et un fouet coincé dans la ceinture du fute. Pour les appeler, c’est facile, ils s’appellent tous Indiana mais inutile de chercher la bombe blonde à leur côté… ça c’est que dans les films!

Pour ce qui est de la découverte, je ne vous la refais pas, souvenez vous, cet espagnol qui devait fréquenter, un peu plus que dans ses rêves l’épouse de son protecteur et vice roi, arrive et ne trouve pas mieux comme nom pour ces îles que de leurs donner le prénom de la femme du dit vice-roi ce qui donnera les Marquises. Il semble que ce soit sur cette île qu’il ait atterri. Alors sans en faire trop… on a de la chance, les îles ont failli s’appeler Santa Dominica, allez cherchez un peu pourquoi… c’était un dimanche où le garçon arrivait! Moi je dis que ces mecs à l’époque, des découvreurs quand même, qui partaient avec leurs bateaux sur de longs voyages non dénués de risques, c’étaient pas des intellos les gars, là c’est les Marquises parce qu’il fricotait avec la femme du vice-roi, ça à failli s’appeler « Dimanche », et pourquoi pas « Pâques » ou « ascension »? D’un autre côté, Michel Tournier avait bien appelé Vendredi, le gars qui tout seul au milieu de nulle part, faisait l’amour à la mangrove sur son île perdue. Heureusement qu’ils n’ont pas découvert trop d’îles, le calendrier hebdomadaire, plus celui des fêtes religieuses n’y aurait pas suffit. Fin 19ième, il y avait près de 4500 habitants ce qui est une population élevée pour les Marquises. Stevenson de passage après une halte à Tahiti sur la presqu’île nord aurait dit: « J’y voyais le moins aimable et le plus sinistre, morne lieu sur terre. Beau, il l’était incontestablement » 

Ce matin nous avons effectué une marche de quelques 5 km avec de belles pentes à plus de 20% et ce sous une température classique locale de l’ordre de 30 degrés et sans vent. Je vous laisse imaginer combien ma chemise était trempée. On s’arrête sur le cimetière où Gauguin est enterré et où Brel, son pote a voulu aussi être inhumé. Ils ont une belle vue sur la mer. Non loin l’un de l’autre, ils peuvent converser. Leurs tombes sont simples, c’est bien, sur celle de Jacques quelques galets avec des messages peints mais rien à voir avec celle de Jim Morrison, beaucoup plus softs, moins fous. Visite des musées de Gauguin et Brel, bien, surtout celui de Paul. Bien fait, bien présenté, l’ensemble de son oeuvre résumée, représentée également par des copies très bien faites dont une grande partie appartiennent aux Moma. Vraiment beau. A l’extérieur ils ont refait à l’identique la Maison du Jouir sur le terrain qui appartenait à Paul à l’époque. Du village, je loupe le truck pour rentrer downtown, occupé à faire des achats de Paréo pour les filles, je lève le pouce, bam au bout de deux autos, un mec sympa me prend dans son pick-up et m’amène au bateau. Arrivé sur le bateau, gestion des urgences, direction le bar du deck 6, une Hinano madame s’il vous plait !

Déjeuner. Début d’aprèm après le café, on décolle pour Tahuata, l’île qui se trouve en face. Après une savante manœuvre dans le port, le commandant a fait effectuer un 180 sur un virage à gauche qui ressemble à un lacet perdu dans la montagne Corse. Cette aprèm nous allons à la plage de Tahauta. Allez les filles, allez chercher le maillot … ou pas. C’est assez drôle, Tahuata est distant que quelques portées de mousquets, C’est un peu comme quand on est à Dinard et que l’on se dit, tiens on va aux Zeb sauf que là c’est pas en promène couillons type Zodiac mais avec un énorme promène couillons façon le bateau qui emmène près de 150 passagers. La plage est sur une île magnifique et la plage l’est tout autant, sable blanc immaculé, eau limpide comme celle du robinet. En plus sur l’ile pas une seule maison sauf un village complètement à l’autre bout, donc personne ne vient jamais ici. La plage pour nous tout seul, enfin ceux qui ont bien voulu descendre du bateau. La plage est presque aussi bien que la Plage avec Di Caprio… Retour en bateau fin d’aprèm des Zeb, pardon de tahuata sur Hiva Oa. Douche, crème pour faire briller son bronzage pour aller diner.

Jour 8 : Hiva Oa – Tahuata. 

Réveil tôt mais faut-il le préciser, on se lève tôt pour faire les excursions, les journées commencent comme ça, c’est pas mal non plus, de fait la journée est plus longue et surtout luxe parmi le luxe, j’ai le temps de faire la sieste de temps en temps. Ce matin nous avons dormi à l’ancre devant la plage sur Tahuata. Départ pour Hiva Oa, sur l’autre versant de l’île cette fois-ci, les barges nous déposent pendant que le bateau fait ses livraisons. Ce matin visite, de vieilles pierres, un site encore sacré, un site où les esprits sont encore présents. Sur le bateau au déjeuner, de nombreuses places vides à table, il semble qu’il y ait un ensemble de personnes qui soient sujettes à des désagréments gastriques. Cette aprèm, retour sur Tahuata pour faire la visite de la cathédrale, (ndrl: une cathédrale ici est une petite église de campagne, rien à voir avec ces nombreuses et belles églises du Finistère). Arrivés sur le port sous une belle pluie tropicale avec de grosses gouttes, ça frise le concours de tee-shirts mouillés. Rapide visite du site artisanal, c’est un peu toujours la même chose. Thé, pardon, tisane, lecture, bière, diner.. La journée était plutôt tranquille et nous n’avons pas vécu de choses particulières, sur le site des vieux cailloux, suis déçu, pas rencontré les esprits, d’un autre côté il ne faut pas que je m’angoisse non plus, je ne suis pas sûr que le dimanche à l’église, ce soit souvent différent. Ce soir il y a The Voice on the boat… ça pouvait être drôle, sauf que mon champion n’était pas là, il s’est fait porté pâle, dommage, il aurait éclaboussé de son talent l’équipage, contre qui les passagers concourent. 

Demain changement d’île nous allons sur Fatu hiva. Nous aurons le choix entre marche de 15 bornes ou pêche au gros si le temps le permet.

jour 9 : Fatu Hiva  toujours chez madame la Marquise.

Our last island in Marquisian area. Alors comme annoncé hier, il y avait marche. Avant celle-ci, pause au centre artisanal, il faut bien faire marcher le commerce et les touristes en groupe ne sont pas nombreux, alors j’imagine que quand l’Aranaui pointe son nez pour les 2 rdv mensuels, c’est fête, ou plutôt c’est jour de travail car il faut vendre les créations que chacun a pu faire les jours précédents. Pour être honnête, c’est toujours un peu pareil, quelques paréos, j’en ai, des colliers j’en ai, des perles j’en ai, des lingots d’or j’en ai… pas. Pour ce qui est des chemises, par contre c’est une denrée très rare, les gars devraient faire un business sur ce doss, sur Hiva Oa, un gars avait une super chemise, il avait acheté le tissus et sa grand mère avait fait la chemise… donc c’est faisable… donc il y a un marché à developper, pour ce qui est de l’étude de marché et du business plan, c’est pas la peine, je suis sur que ça marcherait et en plus pas de concurrence. Tu achètes tes tissus à Papeete, tu les fais livrer par l’Aranui, tu vas voir la grand mère de l’autre gars ou une autre dame, les femmes savent faire de la couture, elles font souvent leur robe elles-mêmes, aussi trouver quelqu’un pour faire le job ne doit pas être compliqué. Après tu trouves un réseau sur chaque île pour dispenser les ventes sur les marchés artisanaux, ça aussi pas difficile, et en plus tu communiques sur le fait que ce soit du produit local hand-made. Il te reste à trouver un nom de marque qui soit en rapport avec les Marquises ou Tahiti, car l’objectif est de s’attaquer après au marché de Tahiti, Moorea, Bora dans un second temps, là il faudra bosser le circuit de distritution, mais à priori, les boutiques seront les mieux placées pour ça, du coup, tu montes un peu en gamme peut-être dans le positionnement produit… à voir… bon je m’emporte … 

Après le centre artisanal, il y avait église car nous sommes dimanche. Bon je ne vais pas vous la faire, je n’avais ps vraiment prévu d’y aller faire un tour, ouaip, mais en fait elle est mignonne mais surtout, les services religieux ont la réputation ici d’être gais et en effet, ils chantent, il y a des instruments, et tout le monde dodeline de la tête sur les chants qui sont jolis, joyeux et entrainants. Les gens sont sympas, on te sourit, on te serre la main, il y a une communion agréable, enfin j’ai trouvé ça bien. Bon comme je suis arrivé en retard, le timing était parfait pour moi. Ça change des grenouilles de chez nous. 

Après ça, c’est marche, il est 10 heures, un petit huit km que de montée, un casse-croute en haut et à nouveau un petit huit km en descente. Départ sous le soleil, puis sous la pluie, un peu au début, puis un peu plus que un peu… au bout de 30 minutes, trempé comme une soupe. Je finis par enlever ma chemise car elle est tellement trempée qu’elle colle à la peau et en plus elle donne froid. Pas loin de deux heures pour monter, eh oui ça montait pas mal quand même et en plus terrain glissant avec la pluie, le sol, de la glaise, s’était un peu transformé en patinoire. Super sandwich arrivé là-haut, ça caille un peu avec le vent et les fringues trempées, honnêtement, manger dans le vent avec le caleçon trempé, et l’eau qui goutte entre les fesses, il y a mieux. A peine fini de déjeuner, je décide de repartir pour ne pas attraper la crève, du coup je fais la descente en courant, souvent en glissant, le terrain est grave détrempé à telle enseigne que je double un 4×4 qui a fini son virage dans le fossé. Les paysages dans la descente sont très jolis dès que l’on sort de la couche de nuages qui avait enveloppé tous les sommets. Un relief nervuré et très très vert clair, avec des rochers très noirs, et un ciel tout aussi noir, une boue très rouille, le contraste est superbe. La descente est pendue pentue, parfois dans les au moins 20% bien tassés.  Bien sûr les chaussures sont trempées, je finis par ne plus faire attention aux flaques d’eau et tel un grand gamin que je suis encore, je saute allègrement dans toutes les flaques… je crois que j’ai un peu gâté mes chaussures… une heure pour descendre… la navette, la douche chaude tout habillé. 

16 heures, Loïc, le commandant annonce notre départ, Loïc c’est un peu breton comme prénom, eh oui notre commandant est breton. Direction les Tuamotu et Rangiroa, un très très bel atoll. Cette nuit et demain, c’est navigation. Nous voilà partis de ces belles îles. Nous quittons ces reliefs tourmentés. Les Marquises, ces hautes îles du bout du monde sont vraiment magiques, les paysages sont majestueux, grandioses, presque hostiles avec leurs montagnes acérées, cette végétation omniprésente, sauvage. Des îles avec une culture forte, bien à elles, une culture  fière, qui rassemble quelques 10000 habitants.

Jour 10 :navigation, direction Rangiroa aux Tuamotu

Mer formée. Mal dormi à cause de la houle qui fait qu’il est difficile de se caler dans son lit.  Alors journée off comme vous avez compris. Parlons du bateau, « c’est un fameux trois mats, fin comme un oiseau; dix huit noeuds quatre cents tonneaux, j’y suis fier d’y être matelot » chantait Hugues et Renaud ajoutait:,  « Tabarly, Pageot, Kersauzon et Riguidel naviguent pas sur des cageots ni sur des poubelles, dès que le vent tournera je repartira, dès que les vents tourneront nous nous en allerons , regardez votre enfant, il est parti marin, je sais c’est pas marrant mais c’était son destin»
Alors le bateau ressemble à quoi?

Tatoo: Les anciens Polynésiens donnaient des vertus divines au tatouage. Décrié et même interdit pendant la colonisation, il est aujourd’hui le ferment de la culture marquisienne entre autre mais au sens plus large, de la Polynésie. Souvent, des arcs de cercle sont faits déjà chez l’enfant relativement jeune, arcs de cercle qui sont complétés au fil de son avancée dans le monde des adultes. C’est comme une sorte de passage. La recherche est avant tout décorative mais il y a aussi des connotations sexuelles, c’est avant tout, en tout cas, une signe de reconnaissance entre les individus, d’appartenance également. Les esprits ne sont pas loin, certains sont sensés protéger.  Autrefois, l’encre était une décoction de noix de bancoul brulée dont le noir dilué à l’eau donnait ce liquide utilisé pour le tatouage. Avec un peigne à tatouer, dont l’extrémité était doté de pointes acérées taillées dans les dents de poisson ou des os d’oiseau, on frappait à l’aide d’un maillet ce peigne pour faire entrer l’encre, sous la peau. L’encre devenait alors bleue après cicatrisation. On dit qu’il ne fallait pas être trop sensible. Aujourd’hui, cette activité a bien évolué d’un point de vue technique. Selon les îles, les tatouages ne sont pas les mêmes ni sur les mêmes parties du corps, les Gambiers, les Marquises, les Australes et le Tuamotu ont leur propre style, style qui fait qu’ils se définissent et se reconnaissent grâce à eux. Les motifs témoignent d’un grande variété, plusieurs centaines, l’inspiration est très souvent autour du tiki, le premier homme, cet ancêtre divinisé.

Jour 11: Rangiroa – Tuamotu

Tua-motu: les îles nombreuses. C’est frappant! ce qui l’est également c’est, à fortiori quand on vient des Marquises, la très faible hauteur des îles. De fait, quand on est sur une île ici, nous avons une proximité avec la mer de façon incroyable, elle est là qui nous tend les bras, paisible, belle, sensuelle, colorée, raffinée avec des couleurs… les mots ne sont pas suffisants, je pourrais décliner la colorimétrie des bleus, jouer sur l’effet transparence, sur la limpidité de l’eau, je pourrais parler de lapis lazuli et de ces nuances, aucun commentaire, aucun qualificatif ne pourrait refléter cette beauté. Ces îles, ce lagon suscite l’émerveillement. Vous en êtes bouche bée comme saisi par cette réalité qui ne ressemble à aucune autre. Des iles qui ont su passer les temps en gardant leur âme, en conservant leur originalité, cette constance qui fait ce mythe à travers les années. Le tourisme est existant bien sûr à travers les fonds marins, la plongée, qui en fait une destination parmi les destinations high level. L’activité perlière y est conséquente et leur production reconnue. D’aucuns y vont aussi pour voir autre chose, rien de ce que l’on connait, un dépaysement garanti, une tranquillité sans faille, une pause parfaite loin de tout. pffeeuooouaa… incroyable! 

Les Tuamotu, c’est près de 80 atolls, c’est un peu moins de 20000 habitants. La culture est souvent de tradition orale. Les Tuamotu représentent une surface de l’ordre de deux fois la france en superficie. Le plus proche atoll est à 300 km de Tahiti, le plus loin à 1600. Les conditions de vie n’en sont pour autant pas faciles, îles basses égale dangerosité à la houle sans parler des cyclones, problème de fourniture en eau, l’environnement très salin ne favorise pas la culture, les habitants ont su s’adapter avec cette formidable chance d’avoir à peu près tout à portée de main avec la mer en terme de ressources. Les cocotiers sont aussi leurs amis, ils donnent nombre de ressources, nourriture, huile, tissage, feuilles pour les toits, les paniers, les nasses, les pirogues, c’est un peu comme dans le cochon , tout est bon. Tenez vous bien, le premier découvreur européen n’est pas Cook, mais des Néerlandais qui y vinrent sur la pointe des pieds au début 17 ième. Fin 19ième, le coprah, la nacre étaient parmi les exploitations principales, début 20 sème on y ajouta l’industrie perlière. 

On parle d’industrie perlière, ce matin c’est visite de ferme perlière sur Rangiroa. Tout d’abord vous vous réveillez et en jetant un oeil à la fenêtre, c’est noël en été, tout simplement superbe, la vue du bateau sur d’un côté au coin l’atoll, sous les roues le lagon aux multiples nuances de couleurs et à quelques portées de flèches du bateau, la langue de terre qui s’étire comme mon chat au soleil, loin loin sur l’horizon. Oui ce qui frappe, c’est la taille du lagon, le plus grand de la Polynésie. D’ailleurs, en partant en milieu d’après midi, vous vous attendez à quitter cette terre rapidement, ou au moins en un temps respectable, le bateau allant à un peu plus de 15 noeuds… eh bien non.  C’est un peu comme durant un match de foot quand vous avez Johnny Rep avec ses cheveux longs, récupère le ballon en arrière droit et la balle au pied file comme un athlète Grec sur le bord du terrain pour mettre la balle dans les cages… durant ce temps la caméra fait un long travelling sur sa course folle, sur toute la longueur du stade… ici c’est pareil, c’est un long travelling qui dure presque 2 heures pendant lequel on longe des successions de bout de terre, d’îles, c’est impressionnant, nous sommes toujours dans le lagon! C’est comme si ces îles nous accompagnaient  pour nous remercier d’être passé, pour nous souhaiter un bon voyage. « Johnny Rep affute ses crampons, il enfile son maillot vert, ce soir la foule n’en finit plus de chanter et Johnny Rep évite les croche-pieds. Ce soir les filets vont trembler » comme dit Mickey, Johnny Rep qui remet le ballon à Christian Lopez, qui passe à Jean Castanéda qui relance immédiatement pour Gérard Janvion qui laisse à Platini qui du plat du pied ouvre pour Johnny Rep et qui marque un 3ème but pour St Etienne!!!  sur le pont la foule n’en finit plus de chanter, c’est une très belle journée. 

Le lagon à Rangiroa c’est presque 80 kms de long, l’île ou plutôt les îles en soi, c’est comme à Fakarava, parfois 100 mètres de large, au plus quelques 500 mètres.

La visite de la ferme perlière était très instructive, le boss de la ferme nous a fait un résumé circonstancié de la fabrication des perles. Comment, avec quel moyen, quelle durée, quel suivi, quel entretien, quelle opération technique est opérée sur l’huitre, pourquoi la Polynésie, quel type d’huitre, très interessant. Le gars en plus est patient, il prend son temps pour tout expliquer sur la partie technique de l’introduction du nucléus et en amont sur les recherches qui ont abouti à trouver le nucléus qui deviendra la perle. Après pour ceux qui veulent, visite de la boutique et achat à des prix qui semblent raisonnables, enfin, je pense, n’étant pas un spé en la matière. A l’issue, promenade, l’île, une des nombreuses, la principale sur laquelle nous sommes, est déjà longue de plusieurs kilomètres. Nous trouvons un joli petit coin à côté d’un hôtel sur pilotis… comment vous dire combien la mer est belle, combien la palette de couleurs est large, combien c’est incroyable cette osmose entre la mer et la terre. Pour ce qui est de le température de l’eau, un peu plus chaud qu’à St Briac, jusqu’à 29 – 30 l’été, ils ont de la chance que les Parisiens ne soient pas venus en masse s’installer ici… Quand vous entrez dans l’eau c’est une symphonie de poissons multicolores, des petits des grands, des gentils, pas de méchants en tout cas, ils n’étaient pas là. Vous prenez le temps de slalomer entre les coraux, le sable renvoie les rayons sur soleil. L’eau est bien sûr limpide, visibilité à 20 bons mètres sous l’eau. 

Une piste d’aviation pour vous accueillir si nécessaire, d’ailleurs, une bonne idée pourrait être de prendre un pass en avion afin de faire quelques sauts de puces, types; 3 ou 4 jours à chaque fois et faire Mooréa, Bora, Mapiti, Rangiroa ou Fakarava se faire un peu de plongée sur les Tuamotu, un petit saut sur une ou deux îles aux Marquises, en tout cas il y a quelque chose à réfléchir sur ce sujet. Bon, un postulat pour ce type de projet, être amoureux et amener sa moitié, si elle a de la discussion c’est mieux, et, avoir des livres avec soi, car sur place les activités sont quand même limitées le soir, les bars pas très nombreux pour aller écluser avec les locaux et faire de compètes de bras de fer afin de comprendre comment s’organise la vie des îles, les us et coutumes, faire un peu de sociologie … Ah au bras de fer, ne pas oublier de laisser gagner le champion local en finale pour ne pas finir au fond du lac, pardon du lagon, avec un boulet au pied. A la fin de la soirée, pas la peine d’échanger les numéros de téléphone avec les locaux pour se revoir, le réseau cellulaire n’existe pas… mais les cabines téléphoniques si !

Jour 12:  Bora Bora – iles sous le vent

bien bien bien… si une île est synonyme parmi les autres îles d’eau bleue, de transparence, de lagon et d’atoll, de rêves, c’est bien Bora Bora. Son nom à lui seul fait relever les têtes, dresser les oreilles, briller les yeux. Si globalement dans votre entourage peu y ont été, ils en sont revenus le regard plein d’étoiles, la gorge encore nouée d’émotion pour ceux qui y ont été en voyage de noce et qui sont encore mariés. Il y a aussi la version avec la voix nourrie de trémolos en repensant à la nuit d’amour au bord de l’eau sur le sable encore brulant dans les bras de  son homme, une scène à la Robert Mitchum, debout les pieds dans l’eau, le corps luisant après cette love scène dans le temps d’un homme. Que vous y soyez allé ou pas, votre imagination coure, vous vous y voyez, ce n’est plus Mitchum mais votre amoureux, vos sentez l’odeur de son corps,  sur son torse la sueur perle, vos sens se renversent, vous perdez la tête, vous êtes toute légère légère, toute en émoi… vous fermez les yeux, ses lèvres effleurent les vôtres… la sonnette de l’appartement retentit, c’est le facteur qui vous amène le courrier… eh oui, c’était un rêve… quand je vous dis que Bora Bora fait rêver. 

Notoriété internationale de cette île, celle-ci en particulier, car il en existe quelques unes juste à côté telle que Maupiti, quelques uns connaissent, mais aussi Taha’a, Raiateha et Huanine, toutes dans l’ombre de Bora. Ce sont les Iles sous le Vent. Bora Bora commence à exister à l’échelle mondiale quand les Ricains y installent une base arrière suite au bombardement de Pearl Harbor, les Ricains y installent alors plus de 4500 hommes et de lourdes installations matérielles. Tous, vous avez vu son lagon sensationnel, elle est surnommée la perle du Pacifique, tiens ça me fait penser que Valparaiso était aussi surnommée comme cela par les marins. Si tous nous connaissons Bora, ses copines n’en présentent pas moins d’intérêt, ainsi Maupiti est toute aussi jolie, Raiaha possède de très très belles montagnes qui font le bonheur des randonneurs, Huanine, elle, choisit le côté sauvage, elle met en avant une image aux origines… d’origine. Je vous le donne Emile, c’est encore le marchand de thon qui découvre les Iles sous le Vent, décidément, le garçon avait une forte envie que son nom passe à la postérité, à moins qu’il ait lui aussi comme l’Espagnol, pour les Marquises, quelques vues sur la femme du roi… Des sacrés coureurs de jupons, tous ces navigateurs. Remarquez on va pas leur jeter la pierre, ils partaient en laissant leur femme toute seule pendant de longues années, femmes qui telles des Pénélope d’un autre temps tissaient, dé-tissaient, re-tissaient, vous connaissez l’histoire.  Fin 19ième, les îles passent sous protectorat français, on allait pas laisser ces perles aux Rosbifs. L’agriculture y fonctionne bien, le tourisme encore mieux, des efforts sont faits sur l’infrastructure administrative et scolaire afin que les jeunes puissent rester sur leur île. L’île fait 29 km2 mais son lagon est trois fois plus grand. Nous sommes à moins de 300 bornes de Tahiti. Les 100000 visiteurs chaque année changent un peu les habitudes, des choix d’investissements immobiliers ont transformé la nature de l’habitat classique, les personnes face à cet afflux de touristes sont passées d’une attitude souriante et bienveillante à une attitude business, les hôtels de luxe qui étaient squattés par les Américains et les Japonais hier, le sont  aussi par les Russes et les Chinois maintenant. Les hôtels de luxe, vous les connaissez, ils sont presque synonymes de Bora, installés sur les motus, avec ces chapelets de maisonnettes sur pilotis et ce très tôt dès les années soixante. De fait quand vous pensez Bora, vous pensez pilotis, et quand vous pensez pilotis vous pensez réseau, il suffit d’aller faire un tour sur insta et de taper hashtag Bora, et vous retrouvez les rois du selfies… avec maman tout sourire surtout, pour montrer aux autres qu’on est plus heureux qu’eux qui sont restés à paris travailler! Bora Bora reste un truc de dingue, il suffit de passer en avion au-dessus, pour graver ces images, souviens toi petit Scarabée comme c’est beau, imprime t’en la rétine! regarde ces bleus, regarde ces blancs, regarde cette eau, regarde cette terre… et cette végétation, et cette montagne dont le sommet s’arrondit d’un nuage périphérique. Les activités nautiques y sont nombreuses, quoi que vous vouliez, vous pouvez, juste demandez… çà aurait pu être un slogan de la com de Bora pour le comité de tourisme… imaginez la musique chaude comme le vent sur quelques images paradisiaques, quelques jolies vahinés, pardon pour le pléonasme, en paréo top less toutes aussi brulantes que la sable et bam… vous avez un clip… c’est 100000 Mr le comité de tourisme.

Bora Bora est selon la légende la première île à avoir été créée par les dieux tout puissants, ils ont du s’y mettre à plusieurs pour ne pas rater leur coup, puis c’est au tour des autres îles, les dieux avaient encore de l’énergie et de l’imagination, ils ont aussi réussi leur coup de marketing, rappelez vous, aucune des îles ne se ressemblent. Dire que le tourisme ne révolutionne pas les éco systèmes serait mentir, le lagon est devenu fragile, la gestion des déchets un problème, la saleté pointe son nez, la gestion de l’eau douce est passée depuis un moment par le dessalement, la gestion de l’énergie problématique, quant à l’avenir de la faune et la flore du lagon, on verra plus tard, aujourd’hui, on a d’autres chats à fouetter. Un chiffre: aux alentours de 10 vols par jour au départ de Tahiti…sans parler des trois passages en bateau quotidien, il faut bien acheminer les touristes. Un autre chiffre, l’île fait 9 km sur 4, pas d’hôpital, 3 infirmières et 2 médecins, également 2 chirurgiens dentistes, ces derniers vendent leur cabinet, lui est ortho et sa petite amie fait de la chir.

Ce matin au programme, sortie en hors-bord. Déjeuner sur un motu, par n’importe lequel, celui de la reine, à l’époque où il y avait une reine à Bora. Les gars du hors-bord cool, nous font la version Kenya du safari, revue façon Polynésie: à gauche vous avez un lion, sur votre droite un éléphant. Ici ça donnait: vous pouvez plonger, il y a des raies grises, et des requins, euh… monsieur, les requins, ce sont des gentils? Alors bien sûr, afin qu’ils soient au rendez-vous ils viennent avec des petits poissons pour leur donner à manger. Un peu comme je faisais quand j’avais en pension le poisson rouge de mon fils que sa petite amie de l’époque lui fait offert, je lui donnais des graines et il venait me voir, et bien là c’est pareil… à un détail près… vous êtes DANS l’aquarium avec le poisson rouge et le poisson rouge fait au bas mot 1m50, un rien différent de celui de mon fils qui s’appelait étonnamment Jaws, aller savoir pourquoi… ouiap madame…bon, vous me connaissez, courageux mais pas téméraire, j’ai demandé au moins trois fois aux guides s’ils n’étaient pas dangereux… et les gars comme ils avaient l’air de connaitre les poissons rouges par coeur, limite ils avaient un ptit nom, j’ai fini par aller dans l’aquarium. Alors, bon d’accord, ouaip, une fois enfilé le masque, les palmes et le tuba, on change de monde, c’est vraiment cool, très beau, les requins vous frôlent, moi ça me donnait la chair de poule, mais je faisais mine de rien, afin qu’ils soient gentils gentils. Il faut quand même dire que le shark Polynésien est très beau, c’est vraiment un bel animal, tout effilé, avec son regard glacé, sa fameuse nageoire et la formidable puissance de sa queue qui lui confère cette agilité. Je ne vous parle pas de sa mâchoire, je préférais ne pas y penser, mais quelques images des dents de la mer me sont revenues dans l’eau… je ne sais pas pourquoi… Les raies grises quant à elle, volaient tranquillement, parmi tout ce monde, parce que bien sûr, nous étions quelques touristes. Un peu plus loin loin, on arrête la jeep, pour cette fois regarder une raie Manta. C’est comme dans les documentaires, incroyablement beau et majestueux, tout en silence, elle évoluait sous mes yeux ébahis, avec force tranquillité, faisant des ronds dans l’eau. Belle taille, au moins 2m50 mini d’envergure, avec cette face si caractéristique. La ballade continue, trois heures pour faire le tour de l’île, les couleurs, le lagon, le volcan avec son nuage, c’est vraiment fantastique, le comité de tourisme en fait n’a pas grand chose à faire, tout est là, tout est dit, et les ambassadeurs, ce sont ceux qui viennent, ceux là même qui iront raconter ce qu’ils ont vu. Chemin faisant, trottinant trottinou, un nouvel arrêt brutal de la jeep, cette fois ce sont des léopards, non je déconne pas, des raies léopard. A peine stoppé, j’enfile le matos et bam dans l’eau, ce n’est pas une madame, non pas même deux ou trois mais bien un troupeau de ces bestioles magnifiques en banc, j’en ai compté 15 qui comme à la parade nagent sous vos yeux ébaubis. Un virage puis un autre, je nage aux côtés du ptit chat sauvage, à quelques deux à trois mètres au dessus de ces dames qui évoluent en douceur et en formation comme la patrouille de France à la parade mais sans les jets de fumée tricolore. C’est là que je me suis rappelé qu’il fallait que j’en imprime ma rétine vu que je n’avais pas d’appareil photos aquatique. Tout simplement bluffant, splendide d’autant que je n’en avais jamais vu en formation comme ça auparavant, y compris dans les doc. C’est presque 10 minutes de nage avec elles, en douceur, en harmonie, en beauté et tout en tranquillité. 

On remonte dans la jeep pour continuer la sortie, en épousant la côte et enroulant les motus. Le guide nous fait passer entre les hôtels avec les bungalows sur pilotis… alors il y a le Conrad, le Hilton, Le Méridien, le Four Seasons, le Matira, le Sofitel, le Saint Régis etc etc… en fait ils ont tous des bungalows, des centaines de bungalows, répartis aux endroits stratégiques bien sûr, à se demander s’il on peut trouver un hôtel « normal ».  Pas de possibilité de construire à terre, qu’à cela ne tienne, on construira sur l’eau. Si vous êtes capable de prendre une chambre d’hôtel en vous passant des touristes qui vous ressemblent, avec qui vous échangez un clin d’oeil pour dire: ouaip… « on est les rois du monde » en faisant quelques selfies pour Insta,  vous pouvez faire plus authentique et prendre une chambre chez Nono ou chez Norbert, discuter avec les îliens, comprendre la vie locale, ses avantages et l’histoire des îles et des personnes. En plus, rien de vous empêche le soir d’aller prendre un verre au Bloody Mary, the place to be here, the older bar where you can sip a cocktail with your girlfriend, and perhaps meet a movie star, an advice, the people are not welcoming, cocktails are good, prices are strangely correct.

Déjeuner sur le motu de la reine de Bora, un endroit parfait pour soi, à titre perso en terme de taille. Il y a le ponton comme dans le film avec Montant et Deneuve, le Sauvage, il y a l’électricité, il y a l’eau et même une maison qu’il faudrait retaper quand même. Vous faites le tour de l’île les pieds dans l’eau limpide en dix minutes en prenant votre temps, ce qui vous permet d’admirer l’île principale à quelques 8 ou 900 mètres et sa montagne, mais aussi le lagon dans une belle diagonale. L’organisation est parfaite, déjeuner bbq, alors les garçons et les filles… c’est bien une première pour moi que de faire un bbq dans un tel endroit…c’est bluffant.  L’île est pleine de cocotiers et autres arbres, l’ombre est salvatrice.  Sieste, petit bain, puis bateau pour visite de Vaïpahe, la grande ville locale, pas très belle, quelques boutiques, encore des perles. 

Ah pour finir, dans le registre toute première fois comme chantait Jeanne Mas, hier soir, nous avons participé à un karaoké. Bon, on va pas dire qu’on a enflammé la salle, mais on a fait le job, c’était presque drôle, d’aucuns nous ont félicité, on jouait un peu a domicile, j’avais choisi « siffler sur la colline » 

Cette nuit retour Papeete en longeant quelques îles sous le vent, et en effleurant Mooréa. Demain 10h débarquement et adieux. Journée libre à Papeete. Avion à 2 du matin pour Auckland. NZ is 4 us.

Pour nous suivre sur la prochaine étape: https://leseditionsdelafourberie.wordpress.com/new-zealand/

4 réflexions sur “Marquises, Tuamotu et Bora Bora

  1. Alors… tu restes ou tu restes pas dans îles ?
    Sinon tu pourras toujours creuser un four Marsquisien, dans ton jardin, pour nous faire du poulet et du porc au four!
    Toujours pas rencontré la Vahine de tes rêves!

  2. Jocelyne Rebours (Manuel Rebours sur facebook des fois que vous chercheriez d'où je vous ai trouvé lol ...... j'ai squatté le compte de mon fiston dit :

    Un pur bonheur de vous lire dans vos explorations avec cet humour qui change des traditionnels guides touristiques partis de Dinard…… whouahh nous voilà bien loin …… rhoooo quel dommage d’avoir laissé la vahiné à l’embarquement
    plein de bonnes ondes positives et MERCI à vous de ce partage si original

    1. Merci Jocelyne! c très gentil à vous, il vous reste sans doute qq articles à lire, je vous souhaite d’y prendre à nouveau plaisir !!

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