île de Pâques, la bonne organisation

Ah l’île de Pâques, tout un programme en soi, dès le plus jeune âge, à l’école, dans les livres on nous parle de l’île de Pâques et de ses statues. En fait la communication dans ma jeunesse, sans doute comme dans la vôtre aussi, se fait d’ailleurs quasi exclusivement autour des spécificités des Moaï. Tout comme vous avez la statue de la liberté pour New York, Paris, Seattle et Pise leur tour, avec chacun sa particularité, San Francisco son ponpon, et je pourrais continuer ainsi avec d’autres villes… eh bien oui Pâques ce sont ces grandes statues, lourdes statues et ce sur un tout petit bout d’île perdue d’ailleurs on ne sait pas exactement où, quelque part par là, du côté du Chili, dans le pacifique. C’est Magellan qui l’avait appelé comme ça d’ailleurs le Pacifique. Alors Pâques c’est une île volcanique, il y a des géants ça vous le savez, vous savez aussi peut-être que nous appelons Pâques « easter Island » ou aussi en local, Rapa Nui.

Les Moaï

Quelques chiffres pour bien se rendre compte: 900 statues !!! taille de 2,5 mètres à 9 mètres. Poids moyen 13 tonnes quelques choses et jusqu’à 80 tonnes.

sculpter un Moaï

Comment taillaient-ils les statues: Vraisemblablement, les tailleurs de pierre taillaient d’abord le bloc dans la masse du roc, sans détacher le dos de la paroi. Le bloc était dégrossi sur la face avant, puis suivait la sculpture des détails morphologiques (sauf les yeux, qui sont taillés lors de l’édification). Après quoi, le bloc était détaché de la paroi en taillant le dos de la statue. Le moaï, en position horizontale, glissait alors sur un traineau en forme de radeau roulant sur des pierres rondes jusqu’à un trou aux pieds du volcan, où il était dressé à l’aide de pierres accumulées et de leviers. Là, le dos était sculpté à son tour, puis la statue recevait son Pukao, coiffure de tuf rouge. Récemment, d’aucuns ont éssayé de faire une statue avec les outils de l’époque mais ont assez vite arrêté, il faudrait selon eux entre 12 et 18 mois pour extraire de la carrière, un Moaï.

Transporter un Moaï

D’autres ont fait des tests de transport cette fois encore en utilisant les techniques de ce temps. Ces statues ont été déplacées sur des traîneaux en bois attachés par des cordes et positionnés sur des rails à pirogue constitués de rondins de bois maintenus par des traverses. Cet essai a permis de montrer que 50 à 70 personnes tractant le traineau en synchronisation, pouvaient déplacer un moaï de près de 12 tonnes, sur une distance de 14,5 km, en moins d’une semaine à raison de 5 heures/jour… d’un autre côté, ils n’avaient pas Netflix ou ne pouvaient pas non plus jouer au golf le week-end, d’ailleurs les week-end n’étaient pas inventés non plus pas plus que les syndicats et les Moscou Mule. Quand j’y, pense finalement, déplacer des gros cailloux, c’était sans doute pour eux l’équivalent de prendre son pied en jouant au foot entre potes le dimanche matin. Ils pouvaient tailler la bavette et la roche, et faire des concours du style le tiercé, avec le groupe le plus rapide à déplacer sa statue. D’ailleurs qui dit que les visages des statues ne sont pas les gagnants de leur tiercé élevé au rang de dieu du stade.

Lever un Moaï

Alors bien sûr vous vous demandez maintenant comment ils faisaient pour les relever après les avoir promenés sur des rondins de bois. Pour redresser les moaï,  il fallu se creuser le crâne, mais les garçons étaient malins. Ceux-ci érigèrent une rampe de pierres en pente douce pour tirer la statue la base en avant. Puis ils soulevèrent la tête de la statue de quelques centimètres grâce à des leviers de rondins. Dans l’espace créé, les ouvriers glissèrent des pierres, qui maintenaient la tête de la statue. De degrés en degrés, la statue est ainsi élevée jusqu’à sa position verticale… cqfd.

Je disais en préambule près de 900 statues… en fait compte tenu des chiffres précisés ci-dessus, on peut raisonnablement dire que c’était leur job à plein temps et comme de nos jours il y a des doc ou des comptables, des gars qui vont encore à l’usine ou des poètes, eh bien eux ils étaient conducteurs de char pour les transports de Moaï ou propriétaires de carrière pour la matière première. En fait Astérix aurait eu raison, ils ont copié les égyptiens mais sans avoir Cléopatre et son nez que pourtant ils ont essayé de reproduire sur beaucoup de Moaï.

Iles de Pâques, un peu d’histoire:

Bien sûr vous savez que l’ile de Pâques appartient au Chili. Quelques mots sur l’île. Si les infos  façon « guide » ennuient certains, vous pouvez sauter les textes, c’est vrai que c’est chiant,  il faut lire… plus bas il y a des images. Rapa Nui se trouve à un peu plus de 2000 km de Pitcairn qui est la plus proche voisine habitée. Elle est de fait l’ile la plus isolée au monde. Côté Chili, elle est à un bon 3500 km et côté Tahiti notre prochaine destination, c’est près de 4500 km. Petite île, un petit 25 km, des proportions de l’ordre de 2 fois Belle île, on y compte moins de 4500 habitants

Le 1er habitant européen à la visiter est un néerlandais, je vous le donne Emile, le jour de Pâques, vous me croirez si vous voulez, mais c’est l’origine du nom … en voilà un malin, qui faisait preuve d’imagination! Heureusement  qu’il ne l’a pas visité le jour de la st Barthélémy,  les 4000 habitants de l’époque l’ont échappé belle. Il n’oublie pas de tirer quelques coups de mousquets afin de montrer à ces sauvages les bienfaits de la civilisation et de l’industrie occidentale… ouaip, à l’époque pour montrer son courage, on arrivait avec des canons et des mousquets et paf, on tirait sur des mecs qui avait vaguement des flèches et des cannes à pêche pour montrer qu’on était plus malin…

D’abord possession de l’Espagne au 18ième quand un navigateur Espagnol, 50 ans après le néerlandais, y passe une demie journée, histoire de voir comment sont les plages et de se faire offrir une tasse de thé par le chef. Il  repart en se disant que ce sera bon pour le roi d’Espagne et décrète que ce sera propriété espagnole. Ouaip à  l’époque ça se faisait simplement, on passait par là, il fallait avoir un bateau et des canons quand même, et on allait dire bonjour aux tribus et au chef en regardant comment étaient ses filles, et hop, c’était chez vous. En plus le chef devait vous remercier de ne pas avoir embarqué une de ses filles. Aujourd’hui c’est un peu plus compliqué pour avoir une  île, c’est un peu plus cher que quelques colliers de couleur et des bracelets en cuivre. Quand je pense que le roi d’Espagne n’est même jamais venu sur ces plages, d’un autre côté, il ne savait pas nager, quel gâchis quand même.

James cook  la visite  et ne l’a trouvant pas à son gout, continue son chemin, ben tiens, l’île de pâques pas terrible…c’est pas possible, il devait y avoir une tempête ou il est arrivé dans la brume… ou il était bourré au rhum arrangé?  il n’aurait jamais été embauché à l’unesco celui là, espèce de rustre… m’étonne pas qu’il est fini dans le business de thon.  Plus tard, les français, avec Lapérouse, s’y installent  pour une dizaine de jours afin de faire du repérage et ce au 19ième mais ne revendiquent rien, beaucoup plus courtois que les espagnols. Enfin, l’île devient possession du Chili fin 19ième. 

Les premiers habitants seraient venus de Polynésie vers 800 voire même un peu avant et vraisemblablement des Marquises ou des Tuamotu en pirogues améliorées… fallait quand même un gros coeur, rappelez vous la distance. Ne croyez pas que ce soit un pêcheur ou 2 qui se soient perdus, non non, ils sont partis avec femme, enfants et même des bestioles et en tout cas de quoi voir venir. Plus tard, une fois installés, les Statues seront élevées rapport au culte des ancêtres, elles avaient également une ambition de protection contre l’extérieur, une barrière visuelle.

C’est une île volcanique, température subtropicale, jamais en dessous de 15 degrés et jamais plus de 30, ici pas besoin de doudoune que ce soit à manches ou sans manche, un vrai problème en moins à se poser le matin, mais en tout cas pas une zone ciblée dans la politique markéting de Damart. Inutile donc d’envoyer des catalogues par correspondance avec en cadeaux des gourmettes ou chaussons fourrés comme les charentaises, pour les mamies qui commandent dans les 10 jours de réception. Là aussi un problème moins chez Damart qui en assez comme ça.

Fin 19ième, des bateaux péruviens font quelques haltes pour repartir avec de nombreux esclaves pour leur faire découvrir l’attrait du travail dans les mines d’or. Très peu en reviendront. L’île de Pâques compte alors seulement quelques centaines de personnes. Un français arrive à la suite, un gros gros con, Dutroux-Bornier, ce doit être son descendant qui s’est fait connaitre en Belgique il y a peu,  il persécute les habitants restants, les assassinent. D’aucuns font la voyage retour vers les Marquises. L’île est quasi déserte de Pascuans. La suite n’est pas mieux. Les pauvres pascuans restants sont parqués entre des barbelés au profit d’une boite anglaise qui y fait paître ses moutons en liberté, le monde à l’envers. Le Chili réagit enfin dans les années 50, à mon avis, ils avaient un peu oublié que la tête d’épingle au milieu de rien qu’est Easter Island, existait.

Inutile de vous dire que c’est patrimoine de l’Unesco, vous l’aviez deviné. L’Iles de pâques c’est aussi, le plus grand aéroport, la Nasa y avait trouvé une situation de repli éventuel. C’est 70000 touristes pas an, pour une population d’environ 4500 âmes… C’est pire qu’à st Briac pour ce qui est de la proportion entre les habitants et les touristes parisiens, de là à imaginer que les Briacins soient une population en voie d’extinction comme les pascuans … pourtant… la mairie a pris une position politique forte, oui forte, elle a rénové la maison de retraite récemment, et chassé les mouettes qui avaient pris l’habitude de venir déféquer sur le toit… peut-être attirées odeurs… ça devrait nous rassurer. 

jour 1: Rono Kao

L’avion est au roulage sur la fameuse piste. Le pilote nous a donné le temps, lors d’un long virage, de pouvoir apprécier les îles de très haut. Les îles dessinent parfaitement leurs contours dans une eau d’un bleu profond tout comme un trait de lipstick sur des lèvres charnues. L’hôtesse nous souhaite un bon séjour sur place, il semble que la compagnie Latam ait été contente de nous compter parmi les passagers. Super, j’en suis tout retourné. A la sortie de la douane, le mari de Paola est là et nous accueille avec un grand sourire et un collier de fleurs.

Le temps de nous amener à la maison, il nous explique, un peu la vie ici. La ville principale ressemble à un gros village, main street n’a rien de comparable avec le strip de Vegas, la rue est plus ou moins défoncée et bonne nouvelle, pas d’enseigne lumineuse comme au César Palace ou au Bellagio. La maison louée n’est pas loin du centre et vraiment sympa. Les bagages posés, direction le centre pour effectuer quelques courses, de quoi diner, du pifou et une motocyclette pour se déplacer. Pour ce qui est des courses, à première vue, ici pas de supermarket, même pas ce qui ressemble de près ou de loin à une Carroufette. Ici ce sont de petites boutiques qui proposent… peu de choses en tout cas  juste l’essentiel. Bien sûr un peu de surgelés, mais pas de rayon poisson ou de viande, les légumes proposés existent, le choix est limité. Eh oui, ici tout est importé ou presque, de fait, l’offre est simple. Il n’y a bien qu’au magasin de moto, oui une concession Honda, où le stock soit important, j’ai compté plus de 25 motos neuves qui attendent preneur. Etonnant un tel stock sur un marché local assez limité, le garçon doit avoir un peu de tréso dehors. Maintenant motorisé, ballade dans la ville. On pousse jusqu’au port et un peu plus loin. Direction le cratère de Rono Kao de l’autre côté de l’aéroport, whaouu superbe et immense trou, comme si une navette d’extra terrestres avait creusé ce gros creux presque parfaitement circulaire. Devant, la mer avec une belle visi sur deux petites îles. La mer est belle, de belles vagues se cassent sur le rivage, la couleur, comme appréciée de l’avion, du même bleu profond. Le vent souffle assez fort, il semble que ce soit régulier ici. Apéro sur la terrasse avec du pifou Chilien, pas si mal d’ailleurs. La nuit qui tombe assez vite, nous oblige à rentrer et à diner. 

Jour 2: Anakena – Tongariki

Départ tôt. Nous enfourchons la brèle après un bon petit déjeuner. L’objectif est de se trouver in situ au moment où le soleil monte vraiment dans le ciel pour profiter d’éclairages rasants et faire de belles photos. Le fond de l’air est frais comme disait Jacques sauf qu’il n’est pas 5 heures du mat, Paris s’éveille peut-être mais c’est bien loin d’ici. 

C’est un peu en serrant les dents que la moto parcourt le bord de la côte en évitant les nids de poules. De longues vagues éméchées viennent lécher la côte pour s’écraser sur les rochers aux pointes acérées. Une certaine atmosphère de langueur monotone nous entoure. Un peu transis par le froid nous parcourons une vingtaine de kilomètres tranquillement en silence, les yeux bien ouverts pour apprécier la mer à droite et les plaines ponctuées de petites montagnes arrondies sur la gauche. 

Au détour d’un virage, c’est une autre image.  Nous tombons sur… cette rangée de Moaï que vous avez tous vue en photo ou dans n’importe quel reportage… un truc de dingue quand vous êtes sur place. Les poils sur vos avant bras se lèvent et ce n’est pas rapport à le fraicheur de la matinée. Seul le vent brise le silence. Le soleil est assez haut, il allonge 15 grandes ombres sur le sol, les ombres des 15 Moaï. Nous sommes à Tongariki. Honnêtement c’est un truc de dingue que de voir cette rangée de statues posées là. Emotion, oui, respect aussi bien sûr, beauté certainement et dimension à tout point de vue, une énergie, oui c’est certain. A cette heure matinale, en plus peu de monde. Pour les photos c’est facile, ici pas la complexité de faire des photos de F1 ou de maxi catamaran en plein milieu de la course du rhum, ici les sujets sont peu mobiles donc plus faciles à photographier. D’aucuns amènent des pieds pour leur réflex et attendent la meilleure lumière sagement et patiemment. On se prête au jeu, et tranquillement, bam… on pose quelques photos.

Quelques kilomètres plus loin, un nouveau ravissement, cette fois, ce sont les statues des 7 fils du chef, le premier à être arrivé sur l’ile,  posées au bord de la plage, d’un beau sable fin et presque blanc. Nous sommes à Anakena. L’endroit est bien choisi. Les statues sont encore en bon état, les fistons ont conservé leur Pukao sur la tête. Les statues ont le regard tourné vers les Marquises, dos à la plage qui honnêtement est superbe, largement mieux que la petite Salinette, sauf que là il n’y a que trois enfants à jouer dans les vagues et que les 2 filles qui sont sur la plage, ne sont pas top less. Les statues, différentes de la série des 15, présentent encore des détails de sculpture, les mains allongées et croisées sur le ventre et ce qui était peut-être des cordelettes dans le dos. Les détails des sculptures sont encore bien présents malgré le temps passé.

Jour 3: Hanga Roa

Journée tranquille. Lever un peu plus tard. Café. On prend le temps de penser, activité qui comme chacun sait, prend du temps et fait du bruit. Le matin je passe à la poste. Re-café, musique, road book à remplir. Cool de se laisser vivre et de laisser glisser les heures tranquillement, y compris quand on se trouve ici, sur cette belle île. Voyager c’est aussi prendre le temps de prendre le temps. Notre jardin et beau et sur la terrasse il fait bon vivre ces instants. Déjeuner. Sieste. Aprèm ballade à pied sur main street et boutiques. Quelques achats. Location auto. Café glacé et téléversements de photos au petit bar avec wifi. Retour maison après être allés sur la pointe de l’autre côté du port, pour voir un coucher de soleil nuageux, le soleil jouait à cache cache pour être honnête. Quelques photos néanmoins de Moaï qui détachent leurs silhouettes  en contre jour.

Diner, on se refait le monde avec un verre ou deux de Chilien. Retour, au son de morceaux de musique, ceux qui remémorent des instants, des situations du passé… il y avait entre autres:

le «Jean Genie» de Bowie ou les Sweet avec leur « Ballroom Blitz », les deux premiers 45 de mon frère,

Strech avec « Why don’t you do it » dans le Bordelais, il y a quelques années

Prince avec « Controversy » et la serveuse du bar en dessous de la mairie, j’avais 18 ans

Bob Marley en bateau aux Scilly avec « Could you be love » au petit déjeuner il y a 10 ans

« chagrin fait s’qui lui plait » à l’Oeuf Lunette quand je m’essayais à danser le rock avec difficulté, j’avais 20 ans

Johnny Cash et son « Ring of fire » en Irlande le jour de l’anniv de la mort de Presley

Kool and the gang avec son « Celebration » en revenant la première fois de Londres avec leur vinyle

New Order avec son « Blue monday » sur Radio congas, la 1ère radio libre à Rennes

et tant d’autres que je suis loin loin d’être exhaustif… en fait, je suis baigné par la musique depuis toujours, elle m’accompagne au fil des années et ponctue de virgules des séquences de vie.
Encore un petit verre et les rires envahissent la pièce. La mémoire  se fait plus précise, au fur et à mesure que le bouteille s’évapore. Les histoires fusent, le plaisir est évident dans ces moments. Il est bon de se rappeler que la vie donne autant de belles choses. Chacun y va de son histoire, de son anecdote. La bouteille descend tranquillement mais surement et les heures filent. Ce soir c’est dîner léger, salade améliorée. La nuit est tombée depuis longtemps, le froid frappe doucement à la porte. La nuit tombe ici vers 19 heures tassées, le jour quant à lui se lève vers un petit 8 heures. Cette nuit, le vent souffle, il a plu, la tempé doit être dans la chambre de l’ordre de un petit 15, finalement, peut-être que Damart devrait revoir sa politique markéting et même si le marché local est petit, il y a un marché de passage avec rappelez vous 70000 touristes qui passent par an… belle vitrine potentielle. Il faudrait que Damart fasse des sous vêtements en pilou avec écrit dessus Rapa nui, à côté d’un Moaï dessiné et un slogan; « avec les sous vêtements Rapa Nui, passez une bonne nuit » … en fait je crois que j’aurai dû bosser dans la com… c’est sûr que j’assure.

Jour 4: Ahu Akivi -Tongariki – Anakena

Je crois que j’ai oublié de vous parler de football. Vous connaissez tous ma passion pour ce sport, je vais essayer de ne heurter personne, il n’empêche, ici, il semble que ce soit quelque chose d’important. Lors de pérégrinations, nous avons fait un stop dans une boutique pour acheter une carte. Le boss de la boutique était en train de travailler sur une morceau de bois, vous aurez compris qu’il est sculpteur mais pas que. Je vous passe ses créations, pour autant on peut reconnaitre une vrai qualité de travail et de précision, mais arrêtons nous sur sa passion. Le foot.  Le garçon jouait, il y a quelques années, aujourd’hui il travaille plutôt l’arrondi de son bide à la bière chilienne, mais autrefois il jouait bien. il a gagné 3 fois le championnat de foot, bon c’est la championnat, pas celui de l’Amérique du sud, pas celui du Chili non plus mais celui de l’île de pâques. Non non non, ne riez pas, il y a 13 équipes de foot sur 4000 habitants. Rendez vous compte de la proportion, 13 équipes de foot sur une île grande comme deux fois Belle Ile. C’est du sérieux. Le gars était très sympa, jovial, agréable et tout à son honneur, a présenté ses sculptures un peu partout dans le monde dont en France. 

Ce matin nous sommes motorisés en auto cette fois, il faut faire en sorte de ménager les plaisirs et les craintes de chacun. Nous attaquons par le port et ses Moaï, mais cette fois-ci avec la lumière en face. Personne ou presque, un couple qui sacrifie au rite du selfie devant les Moaï, oui ce serait tellement bête de ne pas envoyer des photos de l’île de Pâques sans apparaitre sur les photos en premier plan. Impossible à imaginer, comme s’il fallait prouver que vous étiez là, comme si vous étiez une star de ciné avec votre sourire forcé à votre smartphone perdu au bout de sa perche, peut-être pour dire que vous avez « trop d’la chance », moi je dis que les psy doivent se régaler sur cette nécessité de leur patient à se regarder dans le miroir de leurs illusions … non les stars ici ce sont les Moaï et nous devant, nous sommes modestes. Jacques le sage dit, il parle un peu comme Zarathoustra ou Lao Tseu: « imprime t’en la rétine petit scarabée »

Retour ensuite sur le site de Ahu Akivi pour voir les Moaï, une nouvelle fois les 7, mais à un autre endroit, vous l’avez compris. J’apprends d’ailleurs que ce ne sont pas 7 frères mais 5 et 2 potes visiblement, les 7 rappelez vous ayant été envoyés par le chef pour faire le tour de l’île et faire du repérage. Bon… les infos semblent changer selon les guides et les infos locales, c’est vrai que CNN n’existait pas il y a quelques … plus de 1000 ans et que à ce moment là, c’était plutôt de la transmission orale. De fait, même aujourd’hui il y a encore des interprétations différentes. Quoiqu’il en soit, c’est tout simplement très beau, seuls sur site qui plus est sans les rois du selfie, c’est magique de regarder ça, pour soi, rien que pour soi. Quelques photos bien sûr avec le bon angle, en privilégiant les ombres qui courent sur le sol, jouant sur la lumière, la profondeur de champ… génial! 


Après cela, juste à côté, tout la haut un point de vue. L’idée est de monter tout en haut de la plus haute montagne, Maunga Terevaka, ne nous énervons pas, il s’agit de 507 mètres, mais pour autant c’est bien pentu. Surtout… surtout, le kif c’est de faire l’Ascension à Pâques…et ça, je vous assure que pour les grenouilles de bénitier, c’est l’apothéose… style les seins légèrement tendus, au minium un frisson le long de l’échine, celui qui vous fait serrer les fesses et lancer la tête en arrière! La Géraldine de la location de voiture, très sympa au demeurant, les gens sont très cool en général ici, nous a dit 3 heures aller et retour. La pente, varie d’un petit 10 degrés à parfois presque 30 degrés. Le vent caresse les flancs de cette petite montagne et fait osciller les grandes herbes qui tapissent les pentes. De petits troupeaux de chevaux s’y promènent et paissent tranquillement. Les minutes de marche s’égrainent, puis les dizaines de minutes tout aussi tranquillement, et après un peu plus d’une heure marche vous arrivez tout la haut pour découvrir ce que vous aviez déjà vu en partie durant la montée, mais cette fois, à 360 degrés. Toute l’ile, autour de vous, de l’est à l’ouest, du nord au sud, c’est impressionnant, belle visibilité en plus. Le vent est fort la haut,  il vous bouscule un peu pendant que vous appréciez la vue, un peu comme s’il vous tapait sur l’épaule en disant:  « je t’avais dit, la vue se mérite » et l’heure de marche, mon Compostelle à moi, s’achète par un effort tranquille, elle donne accès à ce panorama extraordinaire. La descente, au retour est plus rapide, 30 minutes pour faire les 5 bons kilomètres… en courant. J’en connais un qui aura des courbatures dans les quadriceps…

Déjeuner maison comme disait notre ami extraterrestre, puis nous partons à l’ouest pour revoir Tongariki et Anakena , quitte à revoir quelques choses, je préfère Tongariki à Syracuse, et cette fois sous une autre lumière et nous l’espérons avec des ombres glissantes au sol.

Jour 5: Rano Ranaku

Mise à jour du blog: « cinq heures du mat, j’ai des frissons, je claque des dents et je monte le son, seul sur le lit dans les draps bleus froissés, c’est l’insomnie, sommeil cassé ». Oui, je fais en sorte de faire les maj la nuit pour le décalage horaire mais aussi pour avoir le temps et … pour essayer de choper du réseau pendant que l’île dort…autant vous dire que c’est pas gagné!

Ce matin, réveil tranquille, le café a une bonne odeur, il vous réconcilie un peu avec la température fraîche de la nuit. Un petit saut en ville pour quelques achats et prendre un expresso au café free wifi pour télécharger des photos sur l’espace média de mon blog… même ici, pas beaucoup de réseau. Déjeuner et nous reprenons la route, il a plu ce matin, pour aller cette fois dans un endroit magique, vous allez dire que tout est magique ici, et vous aurez raison, je veux parler de la carrière d’où sont extraits les Moaï, là où ils sont sculptés à même la montagne. Impressionnant. Nous sommes donc après une vingtaine de kilomètres de Hanga Roa à  Rano Ranaku. Il y en a de toutes les tailles, des petits qui font quand même un petit 4 mètres. Des, encore, dans la montagne qui ont été commencés et qui attendent que quelqu’un les finisse, enfin non car bien sûr c’est comme quand on fait les courses quand on est gamin, on touche avec les yeux me disait ma mère. Des, qui sont tombés, et qui gisent là, comme çà, au hasard. Des, qui ont le nez dans le sol comme s’ils avaient été punis d’avoir été trop bavards à l’école. Des, qui vous tournent le dos comme si vous n’étiez rien, mais tous, très beaux.


Quelques évolutions en terme de sculptures, les traits sont plus fins, notamment les profils, les oreilles deviennent plus grandes, les mains plus fines… tu m’étonnes, à force de tailler, les gars commençaient à avoir la main quand même. Beaucoup beaucoup de Moaï sont sortis de cette carrière. Un certain nombre sont restés ça et là sur le bord de la route, car durant le transport, si par malheur le Moaï se brisait, ils l’abandonnaient car l’esprit avait disparu. C’est de cette carrière qu’est sorti le plus gros, je vous rappelle, neuf mètres et 80 tonnes, les gars étaient sévèrement burnés quand même pour avoir le coeur de ce type de projet… à mon avis, déjà à l’époque, ils devaient se lancer des défis après quelques canons au pmu du coin et ça finissaient par : « on parie que votre équipe est pas cap de sortir un Moaï de neuf mètres! ». En fait, non seulement ils l’ont fait, mais ils lui ont fait parcourir une dizaine de kilomètres en plus … quand je vous dis que les gars en avaient. Ils en avaient encore sous le coude d’ailleurs, car le grand qui est encore dans la carrière, devait faire plus de neuf mètres! Trois gouttes durant la visite, le vent souffle, le gardien avec sa polaire à poils bruns, s’est emmitouflé dans sa capuche, on dirait un Grizzly. Nous rencontrons deux jeunes, un ricain et un québécois, échanges de propos et photos.

Alors, pour bien comprendre, de cette carrière, ils ont inondé l’île de Moaï de, juste à côté à Tongariki, les 15 Moaï en photos ci-dessus, à l’autre bout de l’île à côté du port, à 25 kilomètres de la carrière. Ce n’est pas tout, rappelez vous, il y a aussi les Pukao autrement  dit les chapeaux rouges, qu’ils devaient aussi balader à travers l’île de la même manière. La carrière des Pukao était à plus de 15 kilomètres de celle-ci. Donc pour habiller un Moaï, le corps traversait parfois l’île dans un sens et son Pukao dans l’autre et rappelez vous qu’à l’époque ils n’avaient pas de pick up pour charger ça à l’arrière dans la benne. 

En fait, c’était une occupation comme une autre pour faire en sorte que le peuple ne soit pas désoeuvré, et éviter les bastons entre clans en faisant en sorte que tous, se retrouve dans un projet commun autour de la mémoire des ancêtres.  Plus tard, les romains avaient trouvé les jeux dans l’arène à Rome pour occuper le peuple, ils faisaient courir un tigre après un pauvre hère à cheveux longs pour voir qui était le plus rapide, en tout cas, jusqu’à ce que que Russel Crowe mette une pilée à Commode sous les yeux de Connie Nielsen dans sa toge blanche translucide. 

Jour 6: Rano Kao – Orongo

5h35. Cette nuit mieux dormi, j’ai mis deux tee shirts. Matinée tranquille, cartes postales pour tous, blog pour moi. On fait les valises, un petit coup dans la maison, déjeuner et dernière sortie pour aller cette fois cette après midi à Rano Kao, ce grand cirque formé par le haut du volcan de l’autre côté de l’aéroport. De l’autre côté du cirque, Orango, des cahuttes qui recevait les dignitaires durant la course annuelle où le meilleur de chaque clan allait à la nage sur l’île quand les Matutaras pondaient. Il s’agissait de ramener un oeuf.

The end. Suivez nous pour la prochaine destination, Tahiti https://leseditionsdelafourberie.wordpress.com/tahiti/

3 réflexions sur “île de Pâques, la bonne organisation

  1. Hey cher voisin…
    Un Moai comme aperçu matinal m’irait bien dans ton jardin!!
    Profite bien et on se réjouit de tes aventures.👍🍻

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